mardi 4 octobre 2011

Une moisson en hiver. Anthologie biélorusse



Panorama des écritures théâtrales contemporaines de Biélorussie 

(1993-2007)


Textes de Timofeï Ilievski, Viktar Jyboul, Andreï Kareline, Andreï Koureïtchik, Pavel Priajko, Pavel Rassolko, Nikolaï Roudkovski, Dmitri Strotsev et A. Tchas, rassemblés et traduits par Larissa Guillemet et Virginie Symaniec

2011, 454 p., 19 euros

Coéditeur : Éditions Non Lieu - ISBN : 978-2352701156



Communiqué de presse:
Que sait-on des écritures dramatiques contemporaines de Biélorussie ou des questionnements qui traversent les oeuvres des jeunes auteurs biélorussianophones et russophones de ce pays ? Dans ce panorama, inédit en son genre, où neuf auteurs nous parlent de la société biélorussienne post-soviétique qu’ils voudraient voir entrer en scène, c’en est fini des jeunes filles courant au ralenti dans les champs de blé vers l’avenir radieux, coiffées d’une couronne de fleurs dans leurs habits blancs brodés de rouge. Point de paysans assujettis ne rêvant jamais d’émancipation sociale ou de héros positifs se sacrifiant pour la collectivité au son de L’Internationale. Finies aussi la langue policée ou les images d’Épinal sur les vertus des sociétés « propres » et bien ordonnées. Désormais, le sexe existe, l’absurdité des rapports sociaux suscite un rire salvateur, le harcèlement moral est enfin dénoncé, les violences physiques sont transcendées en ballets classiques, la jeunesse urbanisée entretient un rapport délirant avec la cueillette des pommes, les personnages en costumes expriment leur malaise devant les plats de champignons qu’on leur sert et c’est à se demander si les moissons ne vont pas finir par se pratiquer en hiver. Dans l’attente, le jeune théâtre biélorussien post-soviétique semble s’être enfin emparé du réel, montrant que ses auteurs ne se posent pas tant des problèmes d’identité que d’humanité.