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jeudi 19 septembre 2013

Appel à communications : « Manger russe »


Date limite: 15 novembre 2013

Journée d’étude à l'Université de Strasbourg
Vendredi 23 mai 2014 
Organisation : Rodolphe Baudin
avec la collaboration d’Emilia Koustova

Le Groupe d’Etudes orientales, slaves et néo-helléniques (GEO EA 1340) de l’Université de Strasbourg organise une journée d’étude internationale sur la question de la place de la nourriture dans la culture russe. 
Le champ des études sur la nourriture en Russie s’est considérablement élargi ces dernières années, notamment dans la recherche anglo-saxonne. Après un ouvrage fondateur et général dirigé par Mysya Glants et Joyce Toomre (Food in Russian History and Culture, 1997), les chercheurs travaillant dans le domaine des «cultural studies» se sont penchés sur l’articulation entre nourriture et identité nationale, comme dans les travaux d’Alison K. Smith (Recipies for Russia : Food and Nationhood under the Tsars, 2011). 
Du côté de l’histoire sociale, la problématique de la nourriture a été abordée par J. Gronow (Caviar and Champagne : Common luxury and the Ideals of the good life in Stalin’ s Russia, 2004) et R. E. F. Smith (Bread and Salt : A Social and Economic History of Food and Drink in Russia, 2008). 
En Russie également les recherches s’organisent, comme en témoigne la publication de l’ouvrage d’I. Bogdanov, Lekarstvo ot skuki, ili istorija moroženogo (2007) et d’O. Nazarova et K. Kobrin Putešestvija na kraj tarelki (2009). 
La parution récente, enfin, de l’ouvrage de G. Kabakova L’hospitalité, le repas, le mangeur dans la civilisation russe (2013), témoigne du développement de ce champ de recherche en France également, une décennie après la parution du livre de Tamara Kondratieva Gouverner et nourrir : du pouvoir en Russie (2002). 
La journée d’étude organisée par l’Université de Strasbourg souhaiterait ainsi s’inscrire dans le développement de ce champ, en en explorant des aspects jusqu’ici laissés de côté. Résolument pluridisciplinaire, elle pourra aborder des thèmes ressortissant tant de l’histoire des pratiques que de celle des représentations, notamment littéraires et artistiques. De même, conformément à l’orientation disciplinaire du GEO, les problématiques faisant intervenir l’interculturalité seront les bienvenues. A titre indicatif, les thèmes suivants, ou certains aspects des thèmes suivants, pourront être abordés : 
La nourriture dans la littérature vieux russe ; la nourriture dans les croyances populaires ; la nourriture dans les proverbes russes ; nourriture et orthodoxie ; la nourriture dans la satire russe ; la nourriture française dans les récits de voyages russes ; les cuisiniers français en Russie ; la nourriture dans la littérature russe du 19e siècle ; histoire des restaurants en Russie ; la nourriture dans le symbolisme russe; la nourriture dans l’art russe ; l’histoire des restaurants et des cantines soviétiques ; les pratiques alimentaires russes dans l’émigration et leurs lieux ; la réception et la représentation de la pénurie et de la famine en Russie soviétique ; les pratiques de consommation en période de pénurie ; la pénurie comme outil de gouvernement; la nourriture et la propagande soviétique (dans les fêtes, l’affiche, au cinéma) ; la nourriture et la morale soviétique ; l’obščepit ; le discours diététique à l’époque soviétique ; la nourriture dans les histoires drôles soviétiques ; la nourriture et le glamour dans la Russie contemporaine ; la nourriture dans le discours publicitaire russe contemporain ; la nostalgie pour les aliments soviétiques dans l’espace post-soviétique. 

Les propositions de communication sont à adresser à Rodolphe Baudin avant le 15 novembre 2013: rodolphebaudin@unistra.fr 
Comité scientifique : Rodolphe Baudin, Irini Jacoberger, Emilia Koustova
Les langues de travail du colloque seront le français, le russe et l’anglais. 
Les actes du colloque seront publiés en traduction française sous la forme d’un numéro spécial de la Revue russe à paraître en 2015. 
L’Université de Strasbourg prendra en charge l’hébergement pour une nuité et les repas. Les frais de transports pourront être pris en charge sous certaines conditions.